Dans sa cellule, il goûte l’héritage des siècles. La lucarne est absente, même de sa mémoire. Solitude et vide. Un lit. Une table. Et un livre de prières qu’il connait par cœur. Une voix impénétrable résonne dans sa poitrine et cogne sur les parois. Lourd fardeau trainé dans son désert glacé. Personne. Rien.
L’héritage des siècles, c’est la pierre et la lumière filtrée par d’obscurs desseins. Prophéties inaccomplies. Il marche. Tête baissée. La fenêtre du ciel sur son crâne, recouverte d’une capuche de tissus grossier. Il parait qu’elle sert d’escaliers aux plus aventuriers d’entre lui. Division de l’âme. Il est légion dans sa solitude séculaire.
Prière à l’autre. Qu’il vienne en aide à celui qui n’ose être entier. L’attente du paradis…c’est l’enfer. La dame en noir se régale d’avance de ces pauvres fous. Déjà presque morts. Larves éraflées. Ridées. Creusées par les prières inaudibles. Chants à la mort qui résonnent dans la pierre et raisonnent faux. Que la cloche sonne, que la cloche sonne l’avènement du temps qui tue et mène à l’inconnu fantasmé. Sourde convoitise.
Dans sa cellule, il dort gentiment. Il dort et attend le sommeil éternel. Son âme est déjà loin là-haut. Et son corps continue l’œuvre des siècles. Servile bête sans raison. Qui ne résonne plus…
Car l’attente du paradis, c’est l’enfer.