Dimanche 17 mai 2009

On m’avait rien dit. Alors je ne m’attendais à rien d’autre que ce que les présupposés de chacun peuvent laisser supposer. La calèche était noire. Il n’y avait pas de fenêtre. Les sièges en cuir étaient noirs. Et dehors, sans doute, la nuit était d’un noir parfait. Nouvelle lune aux attentes inconnues. Je grinçais sur mon siège à chaque remous. J’étais seul dans cette cage noire. Un cocher, sans doute y avait-il un cocher, seul dehors, tirant deux ou trois gueules de chevaux noirs. Noir. Etais-je noir moi aussi, au milieu des choses noires ? Ou mon âme brillait-elle d’une moindre lueur ? Point. C’était un point de lumière. Une fuite microscopique laissant s’infiltrer un peu de jour. Nous étions arrivés. J’étais fatigué. Je ne savais plus grand-chose. Ce que je faisais là. Ce que j’avais été. Ce qu’il fallait comprendre d’un voyage sans paysage. C’est vrai, à quoi rimait cet absurde mystère ? Et personne autour de moi. Vide et blanc, c’était tout, et lumière aussi. Mais plus de cocher, plus de calèche, plus de fuite de lumière dans une calèche sans fenêtre. J’entendais juste au loin cette musique des années 60, qui s’amplifiait comme j’ouvrais les yeux.

Par L'autre
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