On a beau dire, on a beau faire, on a beau croire, la fin reste globale, et non totale. Les ténèbres viennent encore traquer les mots, comme une provocation, comme pour dire : Nous sommes encore là, la nuit ne peut s’éteindre. Coincé dans les arcanes. Je ne puis avancer, poursuivre mon court chemin. Les cartes l’ont dit : cela arrivera. Malgré la bonté du monde, la mort s’opposera à ma marche. L’empereur jugera… Le fil est tombé par terre. Je n’ai pas le bras assez long, et derrière la grille je suis coincé. Je ne peux le ramasser. Je ne suis maître de rien, sinon de mes mots, que je colle avec espérance sur du papier de soie. L’aurore n’y change rien, elle n’est là que pour les rêveurs. Je fus rêveur, mais il y a trop longtemps que je n’ai point visité le jardin de Morphée. Et que faire de l’aurore, lorsque l’on vit prisonnier de la terre ? Amorphe. Dormir. Non, rester éveillé. Ne pas les laisser faire. Garder l’esprit libre, ne pas sombrer dans leur facile vie de pantin. Je ne suis pas maître, mais je ne serai pas pantin. Je suis juste coincé. Coincé. Mais que faire ? Mais qu’ai-je fait ? Mais qu’à fait le monde ? Que s’est-il introduit dans ce tunnel sans bout ? Que s’est-il aventuré dans la nuit, sans bougie ? Friction de souffre. Un souffle. Un peu de cire. Il me reste un bout de fil : mèche de fortune. La bougie suffira à traverser le tunnel. Ai-je assez creusé ? Le jour cachera-t-il la nuit, au bout du tunnel ? Non, la nuit ne peut s’éteindre. Mais le jour la recouvrira de son amour…