Dimanche 17 mai 2009

Sur la moquette, Guy rampe. Son papa n’est pas là, son papa est mort à la guerre. Il est mort pour sa patrie. Il est le patrimoine de la patrie patriarche. Le père patrie… Castrateur mais, quand même, un grand héro, ce père patrie. La mère nourricière a foutu le camp. Guy est le fils d’un couple déchiré, d’une mère assassinée par le père. Œdipe s’en mordrait les dents… Guy et la moquette sont dans toutes les bouches, leur chant patriotique revisité par l’Ennemi. Le « beau père »… Le responsable légal…

Guy est mort. Mais l’Ennemi a déterré son cadavre et l’a empaillé, dérisoire marionnette, effigie paradoxale de l’Empire des armes. De pire en pire… Des armes et des larmes pour une montagne d’Or… non… de papier seulement. Et puis… une armée d’aveugles trimant dans l’usine à papier vert. Pour l’écologie bien sûr. Pour quoi d’autre ?...

 

Je suis seul dans mon petit monde. Je suis seul mais j’ai les yeux ouverts. Je suis seul mais j’y suis bien. Et leur empire de papier s’écroulera bien, un jour, sous le poids écrasant d’une armée de plumes.

 

Sur la moquette, Guy rampe. Mais seul, toujours seul…

Par L'autre
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